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Autant que faire se peut - Page 4

  • Médecine spécialisée : introduire un mécanisme de régulation médicalisée des dépenses

    La convention médicale du 25 août 2016 a engagé 1,32 Md€ de dépenses supplémentaires par an, dont 980 M€ à la charge de l’assurance maladie. Ce montant comprend 438 M€ de revalorisations d’actes en faveur des médecins spécialistes. Ces revalorisations vont procurer des revenus supplémentaires d’un montant significatif à ces derniers. Selon la CNAMTS, leur montant atteindrait entre 9 000 € et 16 000 € par an pour une partie des spécialités (pédiatres, endocrinologues, dermatologues et gynécologues de secteur 1 ou 2 adhérents à l’OPTAM). Pour d’autres spécialités, il serait moins élevé tout en restant non négligeable (de 5 000 à 6 000 € par an en moyenne pour les cardiologues, gastro-entérologues et ophtalmologues). Hormis celles liées aux dispositifs d’option tarifaire maîtrisée (soit 60 M€), ces revalorisations ont été accordées de manière inconditionnelle. La nouvelle convention médicale n’a pas introduit d’incitation effective à la maîtrise des volumes d’actes, ni conditionné les hausses tarifaires aux actions de maîtrise médicalisée développées par la CNAMTS pour le respect de l’ONDAM. L’exemple allemand montre cependant que les négociations conventionnelles pourraient être construites selon des principes différents, faisant prévaloir une relation de conditionnalité entre l’évolution du volume des actes et celle des tarifs en vue de maîtriser les dépenses et favoriser celles qui présentent l’utilité la plus grande. Comme la Cour l’a déjà recommandé, un mécanisme du même ordre mériterait d’être expérimenté, tout particulièrement pour la prise en charge des patients souffrant de pathologies chroniques, en substituant à la tarification individuelle des actes une enveloppe annuelle individualisée par patient et modulable en fonction des besoins et de l’état de santé de ce dernier. Ce mécanisme devrait être couplé avec un renforcement de la régulation des dépassements d’honoraires afin que le caractère forfaitaire de la rémunération perçue dans le cadre de l’assurance maladie ne soit pas contourné par des compléments à la charge des patients. Il devrait également être assorti d’indicateurs permettant d’améliorer la pertinence des actes de médecins spécialistes dans le prolongement des évolutions qui ont commencé à être mises en œuvre avec la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP). Alors que la rémunération des généralistes a évolué et procède désormais pour partie de forfaits et de la satisfaction d’objectifs chiffrés au titre de la ROSP, celle des spécialistes continue à reposer essentiellement sur le nombre d’actes.

  • On fait crier le Mustang

    Dernièrement, j'ai fait un stage de pilotage à Trappes : j'ai piloté rien de moins qu'une Mustang Shelby, et ce sur un circuit ad hoc où j'ai pu voir qu'elle n'avait pas failli à sa réputation. En bref : que du bonheur ! Ces quelques minutes de pure adrénaline m'ont redonné le plaisir de la route que j'avais un peu perdu ces derniers temps. J'aime avoir un volant entre les mains, et je suis certain que c'est une chose dont je ne me lasserai jamais. Seulement, je réalise que je ne prends plus tellement mon pied sur les routes de France. Entre les bouchons à n'en plus finir et les limitations de vitesse, la conduite est devenue particulièrement enquiquinante (pour ne pas dire plus). Et c'est d'autant plus crispant lorsqu'on compare la situation actuelle à un passé pas si lointain. Il y a encore quelques décennies, la conduite automobile était en effet un pur momentde plaisir. Je me rappelle que lorsque j'étais gosse, le code de la route était infiniment plus simple et le conducteur avait infiniment plus de liberté. Et puis des ministres ont mis un terme à tout ça. Alors, je sais bien qu'il faut administrer tout ça, limiter les excès de quelques-uns. Mais nous évoluons quand même dans une société tellement protectionniste qu'on en finirait par croire que nous sommes en sucre ! Si on poursuit sur cette voie, il est probable que nous devrons finir par mettre un casque intégral en voiture, voire même pour se promener à pied ! Le pire est que cet excès de sécurité apporte lui aussi son lot de problèmes. Les antiobiotiques en sont un flagrant exemple : ils ont perdu de leur pouvoir pour la simple raison qu'ils étaient trop souvent utilisés. Il serait plus que temps pour nos chers énarques de comprendre que tout excès est néfaste, et que les restrictions que le gouvernement instaure en matière de sécurité routière en sont un excellent exemple. Si vous aussi vous adorez la conduite, voilà le site par lequel je suis passé pour ce stage de pilotage. Vous verrez comme ça fait du bien, de rouler sans contrainte... En savoir plus en suivant le lien sur le site de l'organisateur de ce stage de pilotage à Trappes.

  • Les droits des femmes en Afrique en 2016

    En Afrique l'année dernière, l’inégalité entre hommes et femmes et la discrimination fondée sur le genre ont continué d’aggraver les effets négatifs des inégalités raciales, sociales et économiques, en particulier pour les femmes et les filles appartenant à des groupes marginalisés. Près d’un tiers des femmes enceintes étaient infectées par le VIH mais, cette année encore, la mortalité maternelle a reculé grâce au traitement antirétroviral gratuit dont elles bénéficiaient plus facilement. Selon les chiffres du ministère de la Santé, le taux de mortalité maternelle a poursuivi sa baisse, avec 155 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes en 2016 contre 197 en 2011. En milieu rural, les problèmes liés à la disponibilité et au coût du transport permettant aux femmes et aux jeunes filles enceintes d’accéder aux services de santé ont persisté. Les femmes et les jeunes filles couraient toujours des risques inutiles du fait des obstacles entravant l’accès à l’avortement. En juin, l’État a lancé la campagne She Conquers afin de remédier au taux disproportionné d’infection par le VIH chez les filles et les jeunes femmes et de faire baisser le nombre élevé de grossesses chez les adolescentes. Même si le message de la campagne mettait en avant l’amélioration de l’accès des filles à la santé, à l’éducation et à l’emploi, il lui a été reproché de perpétuer des stéréotypes négatifs sur leur sexualité. Toujours en juin, la Commission pour l’égalité des genres a estimé que l’obligation pour les filles de se soumettre à un test de virginité (ukuhlolwa) pour obtenir une bourse de l’enseignement supérieur, comme l’imposait une municipalité de la province du Kwazulu-Natal, bafouait les droits constitutionnels à l’égalité, à la dignité et au respect de la vie privée, et ne faisait qu’entretenir le patriarcat et les inégalités en Afrique du Sud. Cette obligation a été supprimée. Également en juin, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la violence contre les femmes a publié un rapport dans lequel elle a appelé l’Afrique du Sud à adopter une approche coordonnée en vue de mettre fin aux violences et aux discriminations liées au genre, qui étaient généralisées dans le pays ; elle a d'autre part recommandé de dépénaliser le travail du sexe. En mars, le Conseil national d’Afrique du Sud sur le SIDA (SANAC) a lancé un plan d’action contre le taux élevé d’infection au VIH chez les travailleuses et travailleurs du sexe, qui reposait notamment sur l’accès à la prophylaxie pré-exposition et aux médicaments antirétroviraux. Le SANAC et les militants défendant les travailleuses et travailleurs du sexe ont signalé que les lois sud-africaines relatives à la « prostitution » risquaient de saper ce plan.