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Usages de drogues des mineurs non accompagnés à la rue

L’arrivée en France de mineurs étrangers isolés a été notée au cours des dernières années mais c’est en 2016 et 2017 qu’on a vu se développer l’installation dans l’espace public de groupes d’enfants parfois très jeunes (dès 9 ans) ou d’adolescents, désaffiliés, sans abri. Tous partagent l’expérience d’un long parcours d’errance et d’une vie à la rue ayant démarré dans leur pays d’origine, le plus souvent au Maroc ou en Algérie. Depuis 2015, le site rennais évoquait la présence en centre-ville, ostensible et relativement menaçante, de ces mineurs (ou jeunes majeurs se disant mineurs), fortement ancrés dans la délinquance et notamment dans le deal. « Les gamins, ils peuvent avoir 13 ans. Ils n'ont rien à perdre, ceux qui se font arrêter, quand ils vont en prison, leur ambassade d'origine ne les connaît pas, ils ont des papiers scannés qui n’ont aucune valeur. Ils sont à moitié apatrides sans rien, ils étaient déjà sans logement chez eux, déjà des enfants des rues, ils n’ont rien à perdre. La prison c’est peut-être le seul lieu où ils peuvent se poser un peu (...) ils sont dans la survie. Pas dans la projection, uniquement dans l’immédiateté, juste dans le moment » (professionnels RdRD, Rennes). En 2016, le site parisien rapporte l’occupation, par ailleurs médiatisée, de certaines zones du nord de la capitale par des publics très jeunes, connaissant des conditions de vie d’une précarité absolue. Exposés aux violences de la rue (prostitution, agressions sexuelles, exploitation…), ils peuvent être eux-mêmes menaçants et connaissent un état de santé extrêmement dégradé sur tous les plans. Aux dires des intervenants qui tentent d’entrer en contact avec ces mineurs, ces derniers souffrent d’un fort sentiment de rejet et de pathologies psychiques, notamment dépressives. Ils ne percevraient le plus souvent les rapports humains qu’à l’aune des échanges monétaires et fuient toutes formes d’accompagnement par les structures, ne recherchant que la réponse à leurs besoins primaires. Ils restent, par ailleurs, assez mobiles transitant au sein des villes et de l’une à l'autre. Certains se présentent en groupe, d’autres seraient au contraire très isolés. Les consommations de substances psychotropes en groupe apparaissent très visibles et les plus jeunes auraient des conduites d’abus davantage marquées. Il s’agit en particulier d’usages de colle néoprène ou de solvants équivalents, inhalés « la tête dans le sac », toute la journée, jusqu’à rupture complète du stock. L’alcool et le cannabis sont également extrêmement présents. Les plus âgés pourraient accéder en outre à des benzodiazépines médicamenteuses. Les effets de ces consommations (désorientation, agressivité…) limitent une communication déjà très difficile. Les produits sont financés par des actes délictueux (vols à l’arraché, agressions, deal…) et probablement, à Paris du moins, par la prostitution.

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