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Autant que faire se peut

  • Lisbonne: Génération 8-bits

    Si je me souviens avoir construit des cabanes et grimpé aux arbres lorsque j'étais plus jeune, je me souviens surtout d'une chose : avoir joué aux jeux vidéos. Je ne sais pas combien de temps j'ai pu passer dans leurs mondes imaginaires, mais cela doit se chiffrer en milliers d'heures. Tout a commencé avec une NES : j'ai passé des soirées entières sur Docteur Mario, Mario et autres. Puis j'ai continué. J'ai eu la Saturn de Sega, et pour finir la Xbox. Puis j'ai tout de même fini par lâcher la manette. Il faut dire qu'entre les deux, j'avais trouvé un boulot, j'avais eu des mômes. Bref, tout cela appartenait au passé. Toutefois, mercredi dernier, j'ai été amené à déterrer ce passé et à renouer avec cet univers. Je suis en effet allé à Lisbonne pour vivre un incentive où j'ai participé à une activité plutôt étonnante : un championnat de jeux vidéo. Et des nombreuses animations proposées à l'occasion de cet événement, c'est sans conteste celle-ci qui a le plus réchauffé les coeurs. Je dois dire que j'ai été surpris par le bouleversement technique. Cela n'a plus rien à voir avec les années 2000. J'ai pris un sacré coup de vieux ! Aujourd'hui, on a comme le sentiment de regarder un film, tellement le design est réaliste. C'est vraiment troublant. Parfois, on pourrait croire que les scènes ont été enregistrées et non construites de toutes pièces. Les mouvements de fluide, en particulier, sont vraiment sidérants. Mais le réalisme ne fait pas tout, cependant. Et j'ai surtout été stupéfait par l'intensité du tempo des jeux modernes. Il ne se passe pas une minute sans qu'il se passe quelque chose. C'est que les jeux se jouent en ligne, maintenant : on n'a donc plus uniquement affaire à des IA qui buguent à tout-va et restent bêtement bloquées dans le décor. Pour le dire simplement : le challenge est bien plus grand qu'à mon époque. Mais ça ne rend l'ensemble que plus addictif : j'ai eu bien du mal à lâcher la manette, et je n'étais manifestement pas le seul ! Pendant que j'y pense, je vous invite à jeter un coup d'oeil au site de l'agence qui a proposé ce voyage incentive à Lisbonne. Suivez le lien si vous souhaitez vous inscrire à la prochaine conférence qui aura lieu en Janvier 2017.

  • Théorie du complot

    Parce que les théories complotistes répondent à une interrogation sans cesse croissante du public à l’égard d’une Histoire qui s’emballe, les articles se proposant de démystifier ces théories répondent en quelque sorte à la même question que les sites complotistes eux-mêmes : que croire et qui croire ? Une Histoire de mauvaise foi ? Schématiquement, toute théorie ou anti-théorie du complot s’enracine soit dans la volonté de défendre un intérêt ou une idéologie spécifique, soit dans la volonté de promouvoir la « vérité » au sujet des événements historiques observés. Des discours de mauvaise foi s’opposent donc à des discours de bonne foi, dans un camp comme dans l’autre, et toute la difficulté consiste donc à prendre en compte les intérêts et les idéologies défendus par chacun, sans pour autant réduire la critique à une série d’arguments ad hominem consistant à attribuer crédit ou discrédit à différents discours sur la seule base du locuteur qui les prononce. Ce n’est pas parce qu’un individu est ingénieur chez Monsanto, ministre du gouvernement, membre d’une association antisioniste ou journaliste dans un grand média que son discours doit être tenu pour a priori vrai ou a priori faux. C’est l’épreuve des faits et le respect de la logique qui doivent constituer la norme de vérité en cette matière comme en toute autre. La mauvaise foi ne commence qu’au moment où nous continuons à défendre une croyance fausse parce qu’elle justifie nos actions en cours ou à venir. Imaginons par exemple que les services secrets français apprennent, au mois de janvier 2016, que les attentats de novembre ont en réalité été commis par des djihadistes résidant en Egypte, en représailles au soutien militaire fourni par la France au dictateur al-Sissi, lui-même responsable du massacre de la place Rabia-El-Adaouïa. On comprend qu’une telle découverte serait difficile à communiquer à la population française, puisqu’elle demanderait de justifier d’une autre manière le positionnement français sur les dossiers syriens et égyptiens. Dans cette situation, que faire ? Le plus simple semblerait évidemment de maintenir une version officielle des faits tout en agissant en coulisse pour réorienter la lutte vers nos ennemis réels. Mais dès lors qu’une telle divergence est ainsi créée entre Histoire officielle et Histoire réelle, comment empêcher citoyens, journalistes et universitaires en quête de compréhension de pointer du doigt les incohérences et de spéculer sur les informations non communiquées ? Pieux mensonges d’Etat et démocratie La légitimité morale du pieux mensonge renvoie à un questionnement philosophique millénaire vis-à-vis duquel il n’est pas nécessaire de prendre parti dans le présent billet. On se bornera à indiquer qu’en la matière, l’approche « déontologique » défendue par des penseurs visant la vérité comme Kant ou Platon s’oppose à une approche « utilitariste » défendue par des penseurs visant l’accès au bonheur comme Rousseau ou Mill. Que tous les mensonges proférés ne soient pas pieux est une évidence, mais penser que tous les mensonges sont proférés avec une intention mauvaise est en revanche le signe d’un complotisme extrême et pathologique. Oui, on nous ment sans doute, mais pourquoi penser que tout mensonge reflète nécessairement une mauvaise intention à l’égard du peuple français en général ou d’une minorité de Français en particulier ? Prémunissons-nous donc contre ce type de complotisme et partons du principe que les mensonges qui font diverger Histoire réelle et Histoire officielle trouvent leur origine dans de bonnes intentions. Par définition, un pieux mensonge soumet l’idéal de Vérité à la quête du Bien et si nous subissons ce type de mensonge, cela signifie que des personnes ayant accès à la « vérité » jugent que cette dernière est contraire au « bien » de ceux qui n’y ont pas accès, d’où résulte un double problème. D’une part, d’où provient cette idée selon laquelle le peuple serait incapable de comprendre et accepter les motifs réels d’une décision politique ou d’une guerre ? D’autre part, d’où provient ce « bien » poursuivi par ceux qui mentent si pieusement ? Autrement dit, le pieux mensonge repose de facto sur la distinction de deux classes sociales : l’une, éclairée et informée, décidant pour une autre, confuse et désinformée. D’ailleurs, dans cette interview édifiante datant de 2009, François Hollande lui-même dénonçait la logique perverse du mensonge d’Etat proféré au nom de la lutte contre le terrorisme.

  • Cela roule pour l'automobile

    Durablement éprouvé par la crise, le secteur progresse à nouveau dans l'Hexagone et au-delà en Europe avec des bons résultats pour les constructeurs français. L’automobile va mieux. Les immatriculations de voitures neuves ont bondi de 6,8% sur l’ensemble de l’année 2015 dans l’Hexagone, suivant une courbe similaire à celle des principaux voisins européens. Un résultat meilleur qu’anticipé il y a un an, lorsque Carlos Ghosn, le patron de Renault, pronostiquait une petite croissance de 1,5% sur l’année. En 2014, les immatriculations avaient fait du surplace (+0,3%) d’où le contraste avec le cru 2015 : 1,91 million de voitures auront été mises sur le marché, avec un bond final de 12,5% en décembre par rapport à la même période, un an auparavant. Renault s’est particulièrement distingué le mois dernier (+26,7%) notamment grâce à sa filiale Dacia (+28,2%) dont le Duster s’avère un succès mondial, à l’inverse de PSA, dont les ventes de décembre (+7,7%) sont moindres qu’en novembre en raison du ralentissement de Peugeot (+2,4%). Sur l’ensemble de 2015, les deux groupes connaissent cependant des progressions inférieures à la tendance générale du marché : +4,2% pour PSA et +5,2% pour la marque au losange. Volkswagen commence pour sa part à payer l’addition du scandale des moteurs truqués, avec une chute des ventes de 8,9% en décembre, ce qui ramène sa croissance à 3,9% sur l’année en France. Selon François Roudier, porte-parole du CCFA (le Comité des constructeurs français d’automobiles), le marché pourrait à nouveau dépasser la barre des 2 millions de véhicules l’an prochain, soit son rythme de croisière habituel. Le CCFA se félicite d’une progression «saine», autrement dit non dopée par une prime à la casse qui a provoqué un contrecoup du marché automobile après son extinction fin 2011. Ce retour en grâce d’un secteur durablement impacté par la grande crise de 2008 s’explique principalement par les achats de voitures neuves des particuliers, qui ont repris l’été dernier. La mode des crossovers et autres SUV ne se dément pas et a dopé le marché. Une voiture achetée sur quatre l’est dans cette catégorie. La France fait à nouveau partie du peloton de tête des marchés européens, seulement dépassée par l’Italie et l’Espagne, qui partaient de volumes très faibles et sont dans une situation de rattrapage. A l’inverse des marchés émergents qui ralentissent, à l’instar de la Russie, la Chine ou le Brésil, l’Europe connaît un regain de croissance. Sur les onze premiers mois de l’année, la progression des ventes y est de 8,6%. Une bonne nouvelle pour les constructeurs français dont les ventes et les bénéfices restent largement concentrés sur le Vieux Continent.