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Autant que faire se peut

  • Sein en hélicoptère

    J'ai toujours été fasciné par les îles et leurs habitants. Le fait que des humains vivent sur un petit bout de terre, en autarcie, comme coupés du reste du monde, m'a toujours intrigué. Et cette semaine, j'ai découvert une île particulièrement indépendante : l'île de Sein. Je me suis rendu dans le Finistère pour y effectuer un vol en hélicoptère, et j'ai donc pu découvrir l'île aussi bien par la terre, par la mer et depuis les airs. L'île de Sein mérite bien son surnom d’« île des tempêtes ». Sur cette île qui dessine comme un grand S dans l'océan, le vent est incontestablement le maître des lieux. Cette terre n’est en fait que la partie émergée d’un vaste plateau sous-marin baptisé « la chaussée de Sein ». Située à un mètre au-dessus de la mer, son point le plus haut culmine à 6 mètres d’altitude. Il lui arrive donc d'être complètement submergée lors des grandes marées. Une ambiance « îlienne » s'y fait clairement sentir. Lorsque vous l'arpentez, il y a d'un côté les îliens, et de l'autre le reste du monde. Si cette atmosphère est présente sur presque toutes les îles que j'ai pu découvrir, elle l'est ici un peu plus qu'ailleurs, selon moi. L'histoire de l'île doit y être pour quelque chose. Durant des siècles, l’île de Sein fut en effet la terre sacrée des Celtes qui y enterraient leurs druides. Ses habitants sont des navigateurs qui connaissent parfaitement les fonds marins et ont été, au cours de l’histoire, des sauveteurs à plusieurs reprises. Les exemples sont légion, comme ces 500 matelots du Magnifique sauvés en 1777. Au lendemain de l’Appel du 18 juin lancé par le général de Gaulle, 132 Sénans sont partis pour l’Angleterre. Ces premiers combattants de la France libre offrirent à leur île la croix de guerre, la médaille de la Résistance et la croix de la Libération. L’unique bourg de l’île possède des ruelles de moins d’un mètre de large, ce qui permettait de faire rouler les barriques où était stocké le poisson séché tout en offrant un minimum de place au vent et aux embruns. Au cœur de ces ruelles sinueuses, il y a l’église Saint-Guénolé, qui fut parfois l’unique refuge des habitants lors des grandes marées : ils devaient alors grimper sur le toit ou dans le clocher. Pour atténuer les dangers menaçant les navires qui se déplacent dans ce prolongement de la pointe du Raz, le phare d’Ar-Men fut bâti contre vents et marées, après dix-sept années d’efforts. Si vous aimez les endroits un peu à part, coupés du monde, l'île de Sein pourrait vous plaire. Et si vous aimez admirer la terre, je vous recommande chaudement un vol en hélicoptère : la terre ne m'a jamais parue aussi belle que là-haut. Pour en savoir davantage, je vous recommande la lecture du blog sur ce de baptême en hélicoptère qui est très bien rédigé sur ce thème.

  • Usages de drogues des mineurs non accompagnés à la rue

    L’arrivée en France de mineurs étrangers isolés a été notée au cours des dernières années mais c’est en 2016 et 2017 qu’on a vu se développer l’installation dans l’espace public de groupes d’enfants parfois très jeunes (dès 9 ans) ou d’adolescents, désaffiliés, sans abri. Tous partagent l’expérience d’un long parcours d’errance et d’une vie à la rue ayant démarré dans leur pays d’origine, le plus souvent au Maroc ou en Algérie. Depuis 2015, le site rennais évoquait la présence en centre-ville, ostensible et relativement menaçante, de ces mineurs (ou jeunes majeurs se disant mineurs), fortement ancrés dans la délinquance et notamment dans le deal. « Les gamins, ils peuvent avoir 13 ans. Ils n'ont rien à perdre, ceux qui se font arrêter, quand ils vont en prison, leur ambassade d'origine ne les connaît pas, ils ont des papiers scannés qui n’ont aucune valeur. Ils sont à moitié apatrides sans rien, ils étaient déjà sans logement chez eux, déjà des enfants des rues, ils n’ont rien à perdre. La prison c’est peut-être le seul lieu où ils peuvent se poser un peu (...) ils sont dans la survie. Pas dans la projection, uniquement dans l’immédiateté, juste dans le moment » (professionnels RdRD, Rennes). En 2016, le site parisien rapporte l’occupation, par ailleurs médiatisée, de certaines zones du nord de la capitale par des publics très jeunes, connaissant des conditions de vie d’une précarité absolue. Exposés aux violences de la rue (prostitution, agressions sexuelles, exploitation…), ils peuvent être eux-mêmes menaçants et connaissent un état de santé extrêmement dégradé sur tous les plans. Aux dires des intervenants qui tentent d’entrer en contact avec ces mineurs, ces derniers souffrent d’un fort sentiment de rejet et de pathologies psychiques, notamment dépressives. Ils ne percevraient le plus souvent les rapports humains qu’à l’aune des échanges monétaires et fuient toutes formes d’accompagnement par les structures, ne recherchant que la réponse à leurs besoins primaires. Ils restent, par ailleurs, assez mobiles transitant au sein des villes et de l’une à l'autre. Certains se présentent en groupe, d’autres seraient au contraire très isolés. Les consommations de substances psychotropes en groupe apparaissent très visibles et les plus jeunes auraient des conduites d’abus davantage marquées. Il s’agit en particulier d’usages de colle néoprène ou de solvants équivalents, inhalés « la tête dans le sac », toute la journée, jusqu’à rupture complète du stock. L’alcool et le cannabis sont également extrêmement présents. Les plus âgés pourraient accéder en outre à des benzodiazépines médicamenteuses. Les effets de ces consommations (désorientation, agressivité…) limitent une communication déjà très difficile. Les produits sont financés par des actes délictueux (vols à l’arraché, agressions, deal…) et probablement, à Paris du moins, par la prostitution.

  • Dans ma cuisine se promène

    Il y a encore quelques mois, la cuisine était à mes yeux un univers mystérieux, pour ne pas dire intimidant. Je suis plutôt manuel, de manière générale, mais sitôt franchi le seuil de la cuisine, j'avais tendance à perdre mes moyens et à provoquer des catastrophes. Au point que le simple fait de faire des pâtes carbonaras pouvait devenir une source de problème (véridique : j'ai dû jeter la casserole avec les pâtes). Ma femme croyait parfois que j'étais délibérément lourdaud pour qu'elle ne veuille plus me laisser cuisiner. Mais en fait, non, et c'était bien ça le pire. Du coup, j'avais développé une véritable passion pour la restauration à emporter. Lorsque ma femme passait la soirée dehors, elle pouvait être assurée de trouver une boîte de Burger King vide à son retour ! En bref, elle ne pensait vraiment pas me voir un jour cuisiner. Mais je ne sais pas trop comment ni pourquoi, tout doucement, presque à mon insu, j'en suis venu à aimer le fait de cuisiner. Peut-être à force de voir des émissions de téléréalité vanter les plaisirs de la cuisine. Ma femme ne manque jamais les cauchemars de Philippe Etchebest. Avec le recul, je me demande même si elle ne m'a pas contraint à les regarder dans l'espoir de réveiller en moi mon intérêt pour la popote. J'ai donc commencé à préparer de petits plats, très simples évidemment. Mais ma femme a voulu m'appuyer dans ma démarche et m'a donc offert mon premier cours de cuisine avec un chef. Et je l'ai suivi il y a quelques jours, à Quimper. Alors certes, je mentirais en disant que je suis devenu un chef en l'espace d'une demi-journée, mais ça m'a tout de même donné confiance en mes capacités. Parce que j'ai enfin compris ce qui m'embêtait, en cuisine : ce sont les recettes en elles-mêmes. L'idée d'observer des indications et des dosages précis m'a toujours irrité. Je suis davantage savant fou que savant. Le chef de ce cours de cuisine m'a heureusement montré que les recettes n'étaient au fond qu'un canevas, et qu'on pouvait donc s'en éloigner à tout moment. Cette idée m'a d'une certaine façon libéré. Depuis, je suis chaque soir aux fourneaux, à essayer mes recettes de savant fou. Je crois même que ma femme commence à regretter le temps où je me tenais loin des fourneaux ! Mais bah, je vais bien finir par en sortir quelque chose de vraiment bon... ^^' Pour ceux qui veulent à leur tour mettre la main à la pâte, je vous mets le lien vers mon cours de cuisine à Quimper.